La peur de réussir ou le syndrome de Jonas, pourquoi c’est si compliqué d’oser briller ?

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Le complexe de Jonas – ou la peur de réussir – n’est pas un syndrome très connu. On en parle peu… et pourtant ! De plus en plus de personnes font appel à un coach en développement professionnel avec cette même question « pourquoi les autres y arrivent et pas moi ?« . J’en vois tellement qui, des rêves et des idées plein la tête, se mettent des bâtons dans les roues. Malgré un désir très fort de se réaliser, beaucoup sont bloqués. Paralysés par la crainte de l’échec, l’angoisse du regard de l’autre ou encore la peur de sortir de sa zone de confort, il s’y cache bien souvent aussi la peur de briller. L’angoisse de devoir assumer le succès, la réussite et toutes les responsabilités qui vont avec. Oser entreprendre dans un monde où, aujourd’hui, presque tout est possible.

D’où vient cette peur notre propre grandeur ? Comment ça se fait qu’elle nous paralyse à ce point ? Mais, surtout, comment parvenir à s’en défaire… enfin ?

Complexe de Jonas et peur de réussir, je vous dis tout !

Le complexe de Jonas, en quelques mots

Le complexe de Jonas a été théorisé par Abraham Maslow et fait référence à un passage de la Bible. Dans cet extrait, Dieu demande à Jonas de porter un message à Ninive. Celui-ci, se sentant tout à fait incapable de réussir sa mission, décide de fuir.

Ce syndrome de la peur de réussir se traduit par une grande peur et une forte angoisse caractérisée par des démons intérieurs. Ces démons empêchent tout succès, toute réussite.

Le syndrome de Jonas, c’est vouloir réussir quelque chose à tout prix, tout en ayant très peur que ça arrive. Ce phénomène se traduit par la fuite des responsabilités, elle-même animée par la crainte d’échouer et aussi de briller.

La peur de notre propre grandeur

Vous avez dit peur du succès ?

On parle de plus en plus de la peur du succès ! Et c’est vrai que, quelque part, c’est à n’y rien comprendre. Effectivement, avoir peur de réussir, ça a l’air complètement contradictoire.

Pourtant, avoir peur de réussir est un syndrome assez courant et très commun, par exemple, chez les jeunes entrepreneurs. Une fois les premières mises en place des actions, on peut fréquemment voir la crainte de briller pointer le bout de son nez.

Ces actions que j’ai envie d’appeler « fatales » peuvent véritablement paralyser. La peur de briller poussera ces actions fatales le plus loin possible, histoire d’être bien sûr qu’on ne réussira pas.

La peur de réussir, c’est vouloir atteindre nos objectifs à tout prix, n’aspirer qu’à réaliser nos rêves, tout en ayant très peur que ça arrive. Imaginez un peu le paradoxe. Le genre de phénomène qui fait naître en nous des conflits qu’on pense incontrôlables. Jusqu’à ce qu’on conscientise qu’il y a un véritable décalage entre ce à quoi nous aspirons et les actions que l’on met en place.

La peur, un instinct de survie ?

Tous les jours, nous devons faire face à nos peurs.

Dès que nous nous éloignons de notre zone de confort, voilà la peur qui resurgit. La peur de rater, de perdre quelqu’un, d’aimer, de ne pas être suffisamment aimé… La peur est une des émotions les plus primitives qu’il soit. Elle est étroitement liée avec l’instinct de survie, elle nous met sur nos gardes, elle nous rend vigilants. C’est un réflexe humain.

Notre inconscient nous mène souvent par le bout du nez, ce n’est plus un secret. Cette peur de la réussite, c’est aussi notre inconscient qui nous joue des tours. Paralysé. e par un manque de foi et par une trouille du succès, nous sommes protégés par nos petits démons. Nous ne prenons aucun risque.

Que cache cette peur de briller ?

La peur de réussir révèle plein d’autres peurs que celle du « simple » succès.

En sortant de notre zone de confort, en réalisant nos rêves par exemple, nous ne savons absolument pas ce qu’il adviendra de nous, nous n’avons aucune idée des nouvelles responsabilités qui vont nous tomber dessus. On pense à notre entourage, on craint le regard des autres…

  • La peur du regard des autres.
    Réussir, ça veut forcément dire que, d’une façon ou d’une autre, on sort de l’ombre. Et qu’est-ce qu’on fait de ceux qui sont dans la lumière ? On parle d’eux, et pas toujours en bien. Malheureusement, réussir implique souvent aussi de se voir jugés et d’essuyer un tas de critiques. Il est bon de rappeler que, majoritairement, les personnes médisantes à l’égard de celles qui ont réussi sont souvent animées par la jalousie.
  • La peur du changement, évidemment !
    On l’évoquait plus haut, assumer sa grandeur et le succès qui va avec impliquent forcément de sortir de sa zone confort… et ça fout la trouille ! « Est-ce vraiment ce que je veux ? Que va-t-il se passer maintenant, que faut-il que je fasse ? Je ne suis pas sûr. e d’être prêt. e, tout a été si vite ! » Il y a de quoi flipper, vous ne trouvez pas ? En fait, on quitte une zone connue et donc sous contrôle, pour une direction tout à fait inconnue et absolument pas maîtrisée. Ça fait peur et c’est normal.
  • La peur de l’échec.
    Le risque lorsqu’on connaît un premier succès, c’est d’y croire encore plus fort. Échouer peut faire extrêmement mal lorsqu’on tombe de haut. Consciemment, inconsciemment, tout le monde sait ça. La peur de réussir implique fatalement la trouille de rater et de tout perdre. Se lancer quand « on n’a rien à perdre », c’est une chose. Continuer d’avancer, succès et fierté à nos côtés, pour ensuite recevoir une claque, ça a un tout autre goût.


Comment se traduit la peur de la réussite ?

La peur de réussir peut avoir des conséquences dramatiques sur votre business ou vos rêves de business.

L’angoisse de la réussite, c’est un peu comme si vous appuyiez en même temps sur le frein et l’accélérateur d’une voiture (voiture qui représente votre rêve). De cette façon, vous n’arriverez pas à aller très loin et, en plus, vous abimez le moteur.

Alors, comment se traduit cette peur de voir nos rêves s’accomplir ?

Procrastiner par peur de la réussite

La procrastination est la première conséquence du syndrome de Jonas, ou de la peur de réussir. L’angoisse du succès se traduit souvent par une certaine paralysie. La personne victime de la peur de briller perd simplement ses moyens, juste au moment où son projet pourrait enfin se concrétiser. Proche de ses objectifs, elle se trouve finalement un tas d’autres choses à faire, un paquet de bonnes raisons pour remettre l’essentiel à demain.

Elle n’a pas l’air bien méchante comme ça, la procrastination. Mais derrière ce mot — presque mignon — se cachent des jours à ne pas vous réaliser. Des semaines à ne pas œuvrer à faire vivre vos rêves. C’est du gâchis. Vous en avez tout à fait conscience et y penser vous tord l’estomac, mais rien n’y fait. Vous continuez de vous prêter plus volontiers à des activités légères qui font vite oublier l’envie de s’y mettre.

Ce qui est terrible lorsque la procrastination naît d’une peur de briller, c’est le certain paradoxe qui œuvre entre l’impression de se donner à fond et la conscience de ne pas faire les bonnes choses.

On en revient à ces actions fatales, celles qui changent tout, celles qui pourraient porter le projet pour de bon. Celui qui procrastine par peur de réussir postposera ces actions-là, continuellement.

S’autosaboter, le classique du syndrome de Jonas

La procrastination évoquée plus haut est évidemment l’auto sabotage le plus répandu chez l’espèce humaine et, plus particulièrement, chez les entrepreneurs.

Mais l’auto sabotage, en plus de ne pas faire ce qu’il faut, consiste à faire exactement ce qu’il ne faut pas faire pour réussir. C’est quand vous vous retrouvez à faire quelque chose qui n’est pas dans votre intérêt.

Se présenter en retard à un entretien d’embauche, ne pas rappeler un potentiel associé, remettre à plus tard une mission de travail, installer son business au mauvais endroit… Tout ça peut vous sembler assez anodin, ou en tous cas hors de contrôle. Pourtant, des attitudes d’auto sabotage de la sorte et à répétitions ne peuvent mener qu’à l’échec et c’est bien souvent guidé par votre inconscient.

L’auto sabotage c’est quand l’esprit reconnaît les actions fatales, celles qui sauraient porter nos rêves plus loin jusqu’à leur réalisation, et qu’il fait le choix inconsciemment de ne pas les réaliser.

Le syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’imposteur repose sur trois piliers : l’impression de tromper son monde, la peur d’être démasqué et le fait d’attribuer ses succès, ses compétences à la chance, voire à quelqu’un d’autre.

Celui qui se sent imposteur n’éprouve que très peu de fierté à l’égard de sa réussite et ne s’approprie pas beaucoup de mérite.

Dans ce cas-ci, la personne en question a réussi, mais renie son succès. Elle se sent inadéquate, et absolument pas légitime de sa réussite, de sa place, de son salaire ou encore de sa notoriété.

D’ailleurs, ce phénomène est beaucoup plus présent chez les femmes. Rester humbles, discrètes, douces, pas trop indépendantes… toutes ces injonctions renvoient un regard assez critique sur les femmes qui ont « réussi » professionnellement.

Comment combattre le syndrome de Jonas ou la peur de réussir ?

La peur de réussir est souvent très difficile à détecter et peut, véritablement, pourrir la vie. En effet, en stagnant, c’est un tas de risques que l’on prend. En n’osant jamais réaliser nos rêves, en restant paralysé par la peur de la réussite, c’est un tas de regrets qu’on fait naître.

Au lieu de se sentir fier, de booster l’estime de soi, d’avancer continuellement, de grandir toujours un peu, on finit par amasser mousse…

Alors, que mettre en place pour combattre cette peur de réussir ? Comment s’aider à, enfin, oser devenir qui nous sommes et qui nous avons envie d’être ?

Aller voir un coach en développement personnel et/ou professionnel

Je pense que je ne le dirai jamais assez : aller voir quelqu’un, que ce soit un psy, un thérapeute ou un coach, dans un moment de notre vie où on ne parvient plus à avancer, c’est indispensable ! Je suis heureuse de constater que l’introspection, accompagnée d’un professionnel, se fait de plus en plus. Avant, lorsqu’il nous était conseillé de se faire aider par un professionnel, nous prenions la mouche : « Je ne suis pas fou/folle ». Aujourd’hui, cette démarche est plus courante et j’en suis extrêmement fière.

La peur de réussir peut cacher des blessures ou d’autres angoisses. Leur faire face, combattre les blocages, c’est essentiel pour avancer et ne pas répéter les schémas.

Comprendre les raisons de notre peur de la réussite

De quoi faut-il parvenir à se détacher pour oser briller ? Est-ce le regard des autres ? La peur de l’inconnu ? La peur de tomber de haut ? Suis-je hypersensible ? Est-ce tout à la fois et bien d’autres choses ?

On revient toujours à l’importance de comprendre nos syndromes pour parvenir à nous en défaire. Sans conscientiser la présence de nos démons, il est impossible de les combattre.

Pour conclure, je rappellerai que « A winner is just a looser who tried one more time ». Il n’y a pas des gagnants ou des perdants dans la vie, il n’y a que des personnes qui persévèrent, qui ne s’arrêtent pas au moindre échec et qui n’ont pas peur d’échouer.

Brigitte André, toujours avec Passion

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