La méthode EMDR, l’hypnose qui soigne les traumatismes

Hypnose, méthode thérapeutique, mouvements oculaires, symptômes post-traumatiques ; mettez tout ça ensemble, vous aurez la méthode EMDR. Cette technique, reconnue comme très puissante aujourd’hui, fait de plus en plus parler d’elle. Pourtant, pour beaucoup, le sujet reste très flou. Et c’est tout à fait normal ! En quoi consiste la méthode EMDR ? Que soigne-t-elle ? Qui exerce cette pratique ? C’est moins compliqué que ça en a l’air. Je vous explique tout dans tout cet article !

La méthode EMDR, quésaco ?

Les débuts de la méthode

L’EMDR (Eye Movement Desentitization and Reprocessing) est une thérapie qui « désensibilise et reprogramme à l’aide de mouvements oculaires ». En d’autres termes, cette méthode est utilisée pour soigner les traumatismes, grâce à des mouvements qui se rapprochent de l’hypnose. Ces mouvements, rapides et alternés, permettent au cerveau de retravailler une information qui a été vécue comme trop choquante. L’EMDR guérit des chocs qui laissent des traces douloureuses et contraignantes pour la personne concernée.

À l’époque, le monde médical n’avait pas très bien reçu la nouvelle technique thérapeutique. En effet, l’EMDR, créée par Francine Shapiro aux États-Unis, dans les années 80, ne s’appuyait encore sur aucune théorie concrète.

L’EMDR, aujourd’hui

Depuis, beaucoup d’ouvrages ont été réalisés et l’EMDR s’explique. La méthode agit effectivement sur notre cerveau et, en se penchant un peu sur la question, il devient possible de vraiment la comprendre. (Si, si, vous verrez !)

L’EMDR est, aujourd’hui, une discipline à part entière, reconnue et très populaire. Une vingtaine d’études attestent de l’efficacité de la méthode, qui est désormais très souvent conseillée en cas de traumatismes.

D’ailleurs, recommandée par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) depuis 2013, cette méthode thérapeutique a été utilisée pour aider plusieurs rescapés des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan.

En quoi consiste la méthode EMDR ?

Stimuler les sens

L’EMDR, basée sur la stimulation sensorielle, est une thérapie neurobiologique. La méthode a pour but de soigner toute personne souffrant de symptômes post-traumatiques ou de phobies. Afin de diminuer une lourde charge émotionnelle due à un traumatisme, le thérapeute conduit le patient à s’y replonger profondément. En fait, la discipline consiste à faire revivre l’incident traumatisant au patient, afin de mieux la retraiter. Pour ce faire, la technique repose sur la stimulation des sens, généralement de la vue. Concrètement, cela semble fou, mais cette stimulation va permettre au cerveau de déplacer le souvenir traumatique de la zone limbique (lié aux émotions et à la mémoire) à la zone du cortex (liée au rationnel). Normalement, cela se fait de façon naturelle. Le cerveau nous permet de (di)gérer le choc.

Provoquer ce qui ne s’est pas fait spontanément

En règle générale, de façon inconsciente, le cerveau traite et mémorise une information traumatisante afin que l’individu la digère au mieux. Seulement, parfois, un choc vécu trop violemment empêche ce processus. Dans ces cas-là, il arrive souvent que des symptômes post-traumatiques s’imposent à l’individu. Ici, l’EMDR entre en jeu, dans le but de provoquer ce qui n’a pas eu lieu.

En gros, l’EMDR répond à un processus naturel traité par le cerveau, lorsque celui-ci ne se met pas en mode « Off », après un événement traumatique, par exemple. Ce blocage peut arriver quand un choc se trouve trop lourd à gérer. Il protège, mais est néfaste à long terme. L’EMDR réalise donc ce que l’inconscient aurait dû réaliser.

Comment se déroule une thérapie d’EMDR ?

1re étape de l’EMDR : Identifier la source du traumatisme

L’EMDR parvient à atténuer des poids émotionnels parfois très lourds. La technique peut donc avoir un impact fort et non négligeable. C’est pourquoi, avant de se lancer dans une thérapie d’EMDR, le praticien doit impérativement privilégier des séances d’approches avec son patient. En effet, il est primordial pour le bon suivi du traitement que, d’abord, le patient ait une confiance aveugle en son psychanalyste. Ensuite, il ne faut pas se précipiter, mais, au contraire, prendre le temps pour que le praticien ait parfaitement identifié et compris la source du traumatisme. Parfois, plusieurs entretiens doivent avoir lieu avant de réellement commencer l’EMDR.

2e étape de l’EMDR : Se replonger dans l’événement traumatique

Une fois que les incidents à l’origine du traumatisme sont décelés, ils sont traités, un par un. En début de thérapie, afin d’évaluer les progrès du patient de manière concrète, celui-ci se voit donner une note à la douleur ressentie par le souvenir.

D’abord, le thérapeute tente de replonger le patient dans l’épisode traumatique en question. Le guérisseur lui demande de penser très fort à ce qu’il s’est passé, tout en se concentrant sur les souvenirs sensoriels qui en ressortent. Il s’agit donc de saisir l’image la plus nette possible, de capter l’odeur qui régnait, de se rappeler les bruits, les sons, les sensations.

3e étape de l’EMDR : Réveiller le système nerveux parasympathique

Ensuite, le travail d’hypnose commence. L’accompagnant exerce des stimulations bilatérales de façon alternées et rapides. Par exemple, en déplaçant les doigts devant le visage du patient. Ce balayage de droite à gauche provoque un mouvement rythmique des yeux qui serait le même observé pendant le sommeil profond. Cette stimulation des sens réveille le système nerveux parasympathique, lié à tout ce qui est de l’ordre de la relaxation. Entre chaque série de stimulation, le patient doit exprimer ce qui lui vient à l’esprit, sans effort.

4e étape de l’EMDR : Mettre le souvenir trop éprouvant à distance

La technique EMDR consiste en l’exercice régulier de cette stimulation, et ce, jusqu’à ce que le traumatisme ne soit plus trop chargé. Cela peut prendre parfois plusieurs séances. Grâce à la note donnée en début de thérapie par le patient, il sera plus facile pour le praticien de suivre l’évolution de la guérison. Peu à peu, le souvenir du traumatisme est mis à distance. La méthode continue d’être utilisée jusqu’à ce que le souvenir soit suffisamment éloigné que pour le recoder.

5e étape de l’EMDR : Recoder l’information

En fait, pendant le travail d’hypnose, la partie émotionnelle du cerveau se retrouve en ébullition. L’émotion peut alors être « recodée » et traitée par le cortex. À ce moment-là, enfin, le patient et son accompagnant intègrent des pensées plus rassurantes et positives au souvenir qui était si contraignant avant. Cette dernière étape de la méthode EMDR se déroule toujours à l’aide de stimulations.

À qui s’adresse la méthode EMDR ?

La méthode EMDR a pour but de venir en aide à toutes personnes qui souffrent des séquelles trop lourdes d’un traumatisme. La discipline existe pour tenter de retraiter l’information du souvenir et d’en diminuer l’impact.

Après un traumatisme, tel qu’un viol, un attentat, une humiliation, il se peut que nos émotions deviennent incontrôlables. La peur prend le dessus, l’événement à laisser des traces profondes. C’est ça un traumatisme. C’est lorsqu’il suffit d’un petit quelque chose, anodin ou pas, pour se voir complètement replonger dans l’épisode qui nous a lourdement marqués. Le souvenir nous aspire et il nous semble impossible de passer outre.

Aussi, une personne victime de troubles de stress post-traumatique revivra l’incident à travers des cauchemars, des flashbacks, voire des hallucinations. Cela peut tourner à l’obsession et réellement perturber la vie de la personne. S’isoler, vivre dans la peur, perdre confiance en tout, ne plus oser ce qu’on osait avant, tout ça peut être les conséquences d’un traumatisme qui n’aurait pas été traité.

Si vous vous reconnaissez dans la description d’une victime de stress post-traumatique,
n’hésitez pas à consulter et à demander de l’aide.
Ne restez pas seul.

Qui pratique l’EMDR ?

Se spécialiser dans l’EMDR

Les thérapeutes spécialisés dans l’EMDR sont en général psychologues, psychanalystes, psychiatres, psychothérapeutes. En France, les spécialistes de cette discipline sont diplômés d’un organisme de formation agréé par EMDR-Belgique, EMDR-France ou EMDR-Europe. La formation répond évidemment à des standards internationaux. Pour devenir élève EMDR, et ensuite obtenir le certificat d’aptitude, il faut être psychiatres, psychologues ou encore psychothérapeutes. Heureusement, la spécialisation n’est, en effet, pas ouverte à tout le monde.

Ma formation et mon expertise

J’ai eu la chance et l’honneur d’être formée par David Servan Schreiber, à Paris, pour le niveau 1. En effet, 1999 marquait l’ouverture l’institut français de EMDR et, à cette occasion exceptionnelle, nous avions deux formateurs de très haut niveau : Francine Shapiro qui passait le flambeau à David Servan Schreiber. Je suis ainsi rentrée dans le monde du EMDR par une très belle porte.

J’ai commencé une supervision que j’ai voulue nomade. Lorsque je passais dans une ville étrangère et que j’y restais une bonne semaine, je cherchais les superviseurs EMDR disponibles.
C’est ainsi que j’ai rencontré des spécialistes de la méthode à Aix-en-Provence, à Lille, à Paris, à Tanger, au Luxembourg, Toulouse, Waterloo. Cette approche était essentielle pour moi, car je sentais cet outil puissant et je ne voulais surtout pas m’enfermer une compréhension théorique.

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