Responsable mais pas coupable?

Retranscription d’un entretien avec une participante lors d’un atelier « Dénouer ses 3 nœuds personnels et relationnels ».

Participante : Vous nous avons dit à plusieurs reprises que nous étions « responsable mais pas coupable ». Est-ce que vous pourriez développer cela ?

 

B.A : En effet, parce que la responsabilité et culpabilité sont intimement liées. Selon la manière dont nous allons gérer nos émotions, nous nous sentirons coupables ou bien nous serons responsables.

Nous sommes dans une civilisation qui nous a pratiquement interdit d’avoir des émotions, heureusement c’est en train de changer parce que l’on se rend compte de la valeur de l’intelligence émotionnelle.

A certaines époques on a appris aux hommes à ne pas pleurer, à être fort et à ne pas avoir peur.  Ma grand-mère me disait quand je me mettais en colère que si les « cloches de pâques » passaient à ce moment je restais aussi laide toute ma vie. Et pour la joie nous sommes baignés dans des messages tels que « pour vivre heureux vivons cachés », « restons humbles devant nos réussites », « ce que l’on a un jour on peut le perdre le lendemain », …En un mot on nous a demandé de ne pas ressentir la peur, la colère , la tristesse et la joie.

Participante: mais justement,  est-ce possible  de ne pas se laisser dominer par ses émotions ?

B.A : on pourrait essayer de ne pas tenir compte de ses émotions, mais c’est impossible de ne pas en avoir et de toute façon elles s’exprimeront d’une manière ou d’une autre. Dès qu’une situation est importante pour nous, une émotion, adéquate, nous lance un message sous forme d’une tension dans notre corps,  afin que nous marquions un temps d’arrêt. Le problème c’est que nous sommes parfois endurci au point de ne pas ressentir ces tensions. Ce qui est important avant tout, pour ne pas se laisser dominer par nos émotions, c’est de les accepter. Quand elles frappent à la porte de notre journée, c’est toujours pour nous apprendre quelque chose sur nous, et nous permettre d’avancer dans la direction de notre « unité » personnelle.

Si on ne ne laisse pas à l’émotion la possibilité de faire son chemin d’émotion, elle va s’exprimer dans une zone que nous connaissons tous bien : l’interprétation, le jugement sur soi ou sur l’autre, la culpabilité. Et le le mot le dit bien coupable, comme si nous avions commis une faute. On peut se sentir coupable de ne pas être assez présent pour ses enfants, coupable de ne pas travailler aussi vite que ses collègues, coupable de  ne pas être une amie attentionnée. Mais dans tous les cas, cette culpabilité nous parle d’une limite en nous que nous avons à accepter.

Participante : Et donc dans ce que vous dites, la responsabilité serait de faire un bon usage de nos émotions, c’est bien cela ?

B.A. Oui tout à fait. « responsable » est un mot qui nous vient du latin. « Respondere » et contrairement à ce que l’on pense cela ne veut pas dire « répondre » mais bien qui porte en lui les réponses. Nos émotions, quand on leur donne de la place, nous guide vers les bonnes réponses. Et pour faire encore appel à l’étymologie, l’émotion vient du latin « ex-motion », faire du mouvement, poser des actes. Toutes nos émotions sont comme des pancartes dans le désert et nous donnent une direction très claire. Elles nous disent chacune à leur manière quelle est la direction à suivre. Il suffit d’apprendre ou de réapprendre à lire nos émotions et d’écouter l’action qu’elles nous proposent.

Participante: Et concrètement alors comment on peut lire ces émotions?

B.A : oh c’est très simple, il existe ce que j’appelle un dictionnaire des émotions, chacune nous indique clairement une action à poser.

Tenez la peur : nous avons peur essentiellement de ce que nous ne connaissons pas. J’ai suivi en coaching un jeune qui voulait lancer une starter dans le domaine de la construction écologique et il n’avançait pas. Je lui ai demandé ce qui se passait et il m’a dit « j’ai peur de me planter ».  l’émotion était identifiée il suffisait alors de la transformer en action et je lui ai demandé : «de quelle information aurais-tu besoin pour ne plus avoir peur » et il m’a dit qu’il serait rassuré de savoir comment des entrepreneurs avaient réussi leur business sans se planter. L’action était identifiée, il a rapidement identifié les entrepreneurs auxquels il voulait poser des questions et les choses étaient lancées.

Participante : Et pour les autres émotions ?

B.A : Oui tenez la colère que nous dit-elle ?

Elle nous dit toujours que quelque chose a été transgressé. Cela peut aller d’une transgression du territoire à une transgression sur notre image de nous. On peut être en colère parce que notre collègue nous chipe tous nos bics ou être en colère car quelqu’un nous définit de manière tout à fait injuste. Quelle que soit la transgression l’action qui va nous responsabiliser va se définir dans les questions suivantes : « qu’est-ce qui est trangressé», « qui est-ce qui transgresse », « quelles sont les limites à mettre et à qui ».

La tristesse, nous parle d’un deuil à faire. Le deuil c’est un rite de passage, vous dites aurevoir à quelque chose et à partir de là, vous pouvez décider de vous ouvrir à ce que vous voulez. Suite à un divorce vous dites « aurevoir » à votre vie de famille et vous pouvez dire « bonjour » à une nouvelle vie à définir « une famille recomposée, une vie sans plus d’attache sentimentale » « une vie avec beaucoup d’attaches sentimentale », etc…  notez qu’u des plus grands deuils que nous avons à faire est un deuil de l’image de nous.

Participante : Et vous disiez qu’il y avait 4 émotions, c’est quoi la quatrième ?

B.A      ah la joie ! contrairement à ce que l’on pense, il ne fait pas la laisser passer sans la prendre en considération.  C’est aussi elle qui construit votre estime de vous. La joie survient quand vous avez réussi , quand vous êtes dans une situation qui vous convient ou obtenu quelque chose comme vous le souhaitiez.

Les questions à se poser sont « qu’est-ce que vous avez mis en place pour que cela marche de cette manière » « qu’est-ce que vous allez reproduire ou à quoi allez-vous être attentif dans d’autres actions ». Cela peut-être une réponse comme « j’ai dit « non » à quelque chose qui ne me convient pas », « j’ai réussi à surmonter mon manque de préparation pour un entretien » etc…

B.A      Alors le mot de la fin sur ce sujet : Réjouissez-vous lorsque vous sentez une tension d’émotion, cela vous permettra de vous sentir encore mieux après être passé à l’action.

Un merci particulier à Nicole pour sa retranscription magnifique de cet entretien.

 

 

 

 

 

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