Les 4 âges de vie, vivre nos périodes de transition (1/4)

Les 4 âges de vie

Parfois on se demande « mais pourquoi maintenant ? ». «Pourquoi est-ce qu’aujourd’hui j’ai plus de difficulté de reprendre les choses en main qu’avant ? ». « Je ne sais plus ce que je dois faire pour que ça change » …

 

La vie est fluide quand on accepte de lui laisser la chance de se transformer quand nous nous transformons. Les moments de « bascule » sont inévitables pour ceux et celles qui se lancent dans la recherche d’authenticité. Ces moments sont des « lieux de transformation » où l’on ne peut plus faire, être comme avant, mais où le futur est tellement inconnu que l’on ne retrouve plus les repères pour faire ou être.

« Les 4 âges de vie » a pour simple intention de vous donner une grille de lecture, que quelque part vous connaissez déjà, car elle est en vous. Vous l’avez déjà utilisée maintes fois dans des moments de changement, pas nécessairement de manière consciente.

Je vous la propose ici sous forme imagée.

Aimer ce qui est, changer ce qui doit, un des grands principes de construction de soi

Quand on voit ce qui se passe, nos rencontres, nos luttes, les coïncidences nous titillent pour nous permettre de nous façonner, de nous découvrir, de nous créer.

Certaines de ces rencontres, de ces luttes, de ces coïncidences, nous font la « courte échelle » pour passer d’un moment de vie à un autre. Car pour chacune des sphères importantes de notre vie, nous passons dans quatre moments d’évolution et de maturité, et nous y repassons sans cesse.

Toutes les personnes qui sont passées d’un âge de vie à un autre, ont ressenti l’importance et le chaos parfois de ces instants. Dans ces moments, rien n’est plus anodin, tout demande une attention particulière car chacun est en proie à des doutes dans lesquels il peut se perdre mais surtout se trouver.

Ces moments ont leurs propres logiques.

Il nous appartient à nous-mêmes de nous faire passer d’un moment de vie à un autre en appliquant les principes du self-leadership. La tentation peut être grande de remettre la responsabilité de ce changement dans les mains d’autre, conjoint, ami, parent, environnement, mais le seul risque encouru est alors se perdre dans la vie d’un autre et dans du statu quo.

Nous allons illustrer ces quatre moments par des analogies pour les rendre plus compréhensibles1.

Il s’agit donc bien d’analogies et je vous propose de penser chaque contexte pour vous imprégner de sa logique

  • La période «château»2,
  • La période «jungle»,
  • La période «désert»,
  • La période « les villes »

L’âge de la vie est déterminé par le regard que l’on porte sur ses projets, sur soi, sur les relations que l’on entretient avec les autres et sur son environnement.

Âge Un : l’âge du château

Avant de lire comment on peut vivre dans la vie de château, repensez à votre cours d’histoire pour ressentir l’atmosphère et l’ambiance de cet environnement.

Finalement, nous naissons tous, sans exception, dans un « château ». Ce sont les moments de vie dans lesquels nous construisons nos premiers regards sur la vie. L’âge château est l’âge où pour nous construire nous regardons et nous nous imprégnons de ce que nous voyons, ressentons comme structurant pour nous.

Dans un château la vie est érigée selon de règles de vie qui se transmettent de génération en génération…inconsciemment. Les fêtes sont organisées selon des rites, les rôles de chacun sont distribués et reçus pour garder l’équilibre dans château, les modes de fonctionnement ne sont pas remis en cause, les « ancêtres » veillent au bon respect des règles, les sanctions et récompenses sont connues et utilisées pour se remettre dans l’équilibre de base, les lieux de discussions ont leur logique propre, les règles sont  édictées par d’autres.

Si on observe les univers dans lesquels on passe dans cette première phase de vie, ils contiennent aussi de ces habitudes du château. En tous les cas, ils sont ressentis comme tel, car nous construisons notre première approche du monde et nous prenons notre place en nous y  « moulant », sans le savoir.

C’est là que l’on apprend à poser un regard sur soi, sur la manière de vivre ses projets, sur les autres, sur l’environnement au sens large.

Nos croyances naissent aussi de ce passage dans le château de notre vie. C’est un lieu d’apprentissage nécessaire et obligé.

Qu’il s’agisse de la sphère amoureuse, amicale, sociale, financière, santé, professionnelle, personnelle, familiale nous y avons appris un modèle qu’inconsciemment nous tenons au début pour « vrai ».

Le passage dans le château crée des « programmes » dans notre manière de considérer les choses.

Dans le trajet du self-leader, les personnes qui y viennent sont dans des moments de passage, de transition. C’est lors de questionnements de transition que reprendre, avec conscience, une structure pour « passer de là où vous êtes à là où vous voulez aller » prend tout son sens.

  • Pierre a reçu comme modèle familial, la famille « parfaite ». Bonne situation, une épouse d’une bonne société et qui est une bonne mère de famille, les enfants vont à l’école et la suivent de manière studieuse, les vacances se passent avec une partie de la famille, les enfants font des activités choisies par les parents, bon père de famille, belle présentation, toujours faire face, avoir toujours l’air bien, ne pas se plaindre, ne pas dire réellement ce que l’on vit, être fort, ne pas trop faire confiance aux autres, car c’est dangereux, etc.

 

  • Martine a une vue très subtile de l’argent : il faut trimer pour le gagner et faire beaucoup de sacrifices, mais au final il ne reste rien. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de vue à long terme de la manière dont on veut vivre « l’argent ». Sans le savoir, elle reproduit : trime, fais des sacrifices pour gagner sa vie et au final il ne reste pas grand-chose.
  • Ahh !  les relations amoureuses :
  • « Les hommes trompent toujours les femmes », si l’on construit sa vie en ayant intégré subtilement ce message comme une vérité, pas étonnant de se retrouver dans une relation difficile avec des bases fragiles (idem pour « les femmes sont volages » ;-)),
  • « Un couple c’est pour le meilleur et le pire et il faut tout accepter pour le conserver », je vous laisse imaginer, ressentir ce que l’on peut faire comme concessions avec soi-même pour le conserver, les dénis dans lesquels on peut se laisser bercer pour ne pas sentir que l’on est pas ou plus à sa place,
  • « Un couple c’est fusionnel !» jusqu’où peut-on aller pour maintenir cette croyance ?
  • Les relations et la communication.
  • « Il faut être aimé pour exister ». Le danger de poser des actes qui vous rendraient « impopulaires » risque de vous entraîner vite  dans le conformisme et l’oubli de vous-même,
  • « On doit rendre service pour être aimé » : ohlàlà vous allez vite vous ligoter autour du nœud du « faire plaisir »,
  • « De toute façon, on est toujours seul dans la vie, il ne faut compter sur personne…bonjour la solitude.

 

  • Dans la manière dont vous gérez aujourd’hui vos projets, vous pouvez être arrêté par une manière induite d’appréhender les choses.

Est-ce que vous avez vu, ressenti que dans votre « château d’éducation » que pour se lancer dans un projet il faut être sûr à 100% que cela va marcher ? Qu’il ne faut pas suivre son instinct à lancer son propre projet, mais suivre ceux des autres ? Que vous n’arriverez jamais à terminer un projet ? Que ce n’est jamais assez bien ? Que les autres font mieux ? etc.

Dans ces cas vous apprenez alors vite : l’inertie, la procrastination, à ne pas écouter vos intuitions, à ne jamais lancer un projet tout seul, le manque de confiance en vous, le perfectionnisme. (non exhaustif)

Derrière toute insatisfaction, se cache une réussite qui s’ignore

Je prends volontairement des croyances ou des regards sur la vie limitant, car c’est par la prise de conscience de vos limites que vous changez. C’est lorsque vous avez tiré vos limites trop loin par rapport à qui vous êtes que vous entrez dans l’ère de vos changements.

Pour prendre conscience des croyances ou des modes de fonctionnement que vous avez appris, voici comment vous pouvez faire :

  • Identifiez une sphère de vie dans laquelle vous ne vous sentez plus à votre place,
  • Faites le constat objectif du résultat que vous avez dans cette sphère,
  • Acceptez que ce résultat est le résultat de ce que vous avez mis en place,
  • Regardez ce qui se cache comme croyance derrière ce que vous vivez, le résultat que vous avez dans cette sphère,
  • Faites le tri entre ce que vous gardez et ce qui ne vous appartient plus et avec lequel vous n’avez pas envie de continuer votre route,
  • Et peut-être, déjà, ressentez quel serait le regard que vous aimeriez poser sur cette sphère (sans même y croire pour vous à ce stade-ci)

 

Quand il est temps de lever le pont-levis pour vivre sa propre aventure.

Le regard de Pierre sur sa vie de famille, de Martine sur ses finances, de vous sur vos projets, votre profession, vos amours deviennent peut-être étriqués.

Si vous êtes insatisfaits, si vous avez la sensation que vous vivez en deçà de vous, vous vous sentez fatigué, déprimé, sans envie, et plus punché, c’est sans doute que le regard que vous posez sur vous dans ces différentes sphères, n’est plus le vôtre.

Vous êtes prêt à ouvrir le « pont-levis » pour partir à la découverte de ce qui est Vous.

 

La vraie sagesse n’est pas de s’éloigner de la nature, mais de façonner son comportement selon ses lois et ses modèles. Sénéque

Cela ne veut pas dire que Pierre doit se séparer de sa famille, mais cela peut vouloir dire que Martine peut transformer son rapport à l’argent, à sa réussite, à ses projets.

Natacha a la croyance que les relations amoureuses sont compliquées et douloureuses. C’est ce qu’elle a ressenti dans le couple de ses parents. Ça l’a fait souffrir et lui a donné peur. Son regard sur le couple prend cette forme et elle l’a bien confirmé en regardant différentes vies de couples peu harmonieuses.

Cela va jusqu’au fait que quand son couple va bien, elle trouve quelque chose qui va rendre la relation impossible. Quand tout va bien, elle fait la guerre pour une broutille. Autant vous dire que jusqu’à aujourd’hui, ses relations amoureuses ont été difficiles et se sont soldées par un échec.

Voilà que Natacha arrive en coaching très désorientée car elle vient de rencontrer un homme différent des autres. Il ne marche pas dans ses combines de gueguerre, quand elle commence à rendre les choses compliquées il lui dit « ça ne peut pas être plus simple ?».  Il la ramène constamment à une relation qui se vit et ne cherche pas à se détruire.

Ses premiers mots lors de notre rencontre sont « j’ai rencontré un homme, il me propose quelque chose de simple et – rit-elle – je ne sais pas ce que c’est »

Si elle a rencontré cet homme, c’est probablement parce qu’elle a déjà switché et qu’elle a lâché son mental pour partir à la recherche d’une relation plus satisfaisante pour elle.

Ici elle a encore le choix :

  • Faire marche arrière, saboter cette rencontre, et retourner à des schémas compliqués. Cela serait dommage, elle est au seuil de se construire une nouvelle vie.
  • Ou bien apprendre les nouvelles règles d’une relation simple. C’est là que son élan l’entraîne en tous les cas.

 

Comme Pierre, Martine, Natacha vous savez que vous allez entrer dans ce moment de construction inconnue.
Qu’est-ce que se passe lorsque nous avons levé le pont-levis ?

 

Dans notre prochain article, je vous amène dans le deuxième âge de vie : l’âge de la jungle et je vous amènerai dans la compréhension positive de cette étape de changement.

 

L’âge deux : l’âge de la jungle

$$$loboc-river-bridge-1484211_1920

Disponible dès le jeudi 4 août 2016

 

 

_______

1 Cette grille de lecture fait partie intégrante des grilles de lecture de la formation de formateur en self-leadership,

 

2 Toute reproduction totale de ce document est autorisée en citant la source. Toute reproduction partielle est interdite.